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Bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert

Gustave Flaubert est né  à Rouen le 12 décembre 1821.
Nous célébrons le deux centième anniversaire de la naissance de cet écrivain majeur du XIXè siècle, de ce grand romancier qui nous a laissés de véritables chefs-d’oeuvre , comme Madame Bovary, l’Education sentimentale ou Salammbô .
Il est aussi l’auteur d’une volumineuse correspondance : 4.500 lettres à sa famille et à ses relations .
Surnommé «  l’ermite de Croisset », hameau dépendant de la commune de Canteleu située à l’ouest de Rouen , le long de la rive  droite de la Seine, il s’y installe avec sa famille en juin 1844 et y écrivit toute son oeuvre .
Adversaire déclaré  de tout ce qui est ordinaire, médiocre, ou  lieu commun, il rêve de transformer ce triste quotidien en épopée , en moments exceptionnels.
Gustave Flaubert fera de fréquents déplacements à Paris, en bénéficiant du chemin de fer qui vient d’être installé sur la ligne Paris-Rouen, et il consacrera deux années de sa vie ( 1849-1851)  à un voyage en Orient qui lui fera visiter l’Egypte, le Liban , la Syrie, la Turquie, la Grèce ,  l’Italie…
Gustave Flaubert est réputé pour le soin qu’il mettait à la préparation de ses ouvrages, recueillant force informations , documents, témoignages qui le conduisirent  à réaliser un véritable travail d’érudition .  Il se déplacera notamment  en Tunisie pour préparer Salammbô.
Il place le style littéraire au-dessus de tout, considérant qu’il est à lui seul une manière absolue de voir les choses. Sa rigueur stylistique est légendaire. Il porte au plus haut degré l’exigence d’un vocabulaire millimétré servi par une ponctuation d’une grande précision. Il décrit par ailleurs ses personnages avec une remarquable profondeur.
Doté d’une forte capacité de travail , écrivant jusqu’aux petites heures du matin, multipliant les brouillons , il se bat littéralement avec le papier; pour lui , l’écriture est un combat permanent , un véritable labeur qui épuise cet auteur méticuleux.
Il écrit très lentement ; Il mettra cinq ans à réaliser chacun de ses trois plus importants ouvrages .
Après chaque séance de composition, Gustave Flaubert , écrivain tempétueux, a l’habitude d’en juger l’effet en lisant à haute voix, voire en criant,  son texte ,  seul ou en présence d’amis, dont Maupassant, les frères Goncourt, Tourgueniev , Zola …  dans une pièce dédiée : C’est la technique du «  Gueuloir »
Que retenir de ses principaux livres ?
– Madame BOVARY est le plus connu. Il l’a rendu célèbre.
Il paraît d’abord en feuilleton dans «  La Revue de Paris » en 1856  puis sous forme de livre en avril 1857 . C’est aussitôt un véritable phénomène éditorial : 15 .000 exemplaires sont vendus dès le mois de juin.
Cet ouvrage raconte l’histoire d’une femme de médecin de province qui , pour tromper son ennui , vit au-dessus de ses moyens et entretient des relations adultères; elle finira  par se suicider .
Oeuvre de premier plan de la littérature française, mêlant réalisme et romantisme, mouvements entre lesquels Gustave Flaubert n’aura de cesse d’évoluer , Madame BOVARY est aujourd’hui encore le  synonyme d’une existence incompatible avec une vie ordinaire.
Le succès de ce livre est amplifié par le procès intenté à son auteur  pour outrage à la  morale publique et religieuse ainsi qu’aux bonnes moeurs.  Gustave Flaubert est finalement acquitté .
– SALAMMBO est son second livre majeur .
Il paraît en novembre 1862  et il s’inscrit dans un style résolument romantique . Roman historique, il relate un épisode des Guerres Puniques.
Nous sommes au IIIè siècle avant notre ère. L’histoire se déroule à Carthage , alors en lutte   contre les  mercenaires chargés de la défendre contre l’armée romaine. Le conflit provient du non-règlement de la solde de ces combattants. L’aspect historique est enrichi par une intrigue sentimentale mêlant Salammbô, la fille du Général carthaginois, et les chefs des mercenaires.
L’ouvrage rencontre un excellent accueil dans le public chez qui il fait sensation.
– L’EDUCATION SENTIMENTALE est le dernier livre de cette « trilogie ». Il est publié en novembre 1869.
Autre roman historique, mais de mouvance réaliste, il met en scène un jeune homme quittant sa province pour « monter » à Paris  terminer ses études ; il découvre une nouvelle vie  qui forgera son éducation  : Le Paris pré-révolutionnaire des années 1840 qui annoncent la fin de la Monarchie de Juillet lui fait découvrir l’amour…
Ce roman remarquablement bien écrit rencontre une critique  négative que l’auteur ne comprendra jamais.
Gustave Flaubert demeurera comme celui qui a fait cohabiter le réalisme et le romantisme
Il souffre depuis début 1844 d’une épilepsie partielle avec hallucinations, qui semble disparaître dans la seconde partie de sa vie. C’est un bon vivant qui apprécie beaucoup la table, les vins et le tabac. Célibataire endurci, on lui connaît plusieurs liaisons féminines, mais c’est sa mère qui restera la femme de sa vie.
Il est par ailleurs en proie à des difficultés financières vers la fin de sa vie.
Il  meurt à 58 ans le 8 mai 1880 dans sa retraite normande de Croisset , d’une hémorragie cérébrale   alors qu’il venait de terminer sa dernière oeuvre, Bouvard et Pécuchet.
Il restera une figure essentielle de la littérature française.
Marcel RONCIN

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